"la jeune fille et la mort"

Nous sommes dans l'atelier de Mlle Durin.

Les doigts de l'artisan travaillent à donner vie à des bouts de métaux. Les tubes roulent des mécaniques. Les tuyaux suent, se tordent et se lèvent, dansent et racontent… une musique comme une histoire.

Une histoire vieille comme le monde. Une histoire de mécanique et de sang, de construction et de destruction, de naissance, de vie et de mort.

Comme dans un jeu d'échecs ou un jeu de quilles, avec ses règles plus ou moins respectées, la jeune fille joue avec les garçons, la vie joue avec la mort.

Danse macabre ou hymne à l'amour, les saxophones et les percussions discutent, rigolent, se font des blagues. On se renvoie la balle. Ça pleure, ça triche, ça crie, ça hurle… Et toujours on se demande : où est la jeune fille ? Où est la mort ?

Présentation du projet :
L'orchestre de mlle Durin, orchestre de musique sonnante et trébuchante, improvisée et écrite, s'époumone depuis trois ans à trouver une sonorité, une esthétique, un univers, sur un répertoire original. Il souhaite aujourd'hui poursuivre cette quête autour du quatuor D 810 "la jeune fille et la mort" de Schubert.

"La jeune fille et la mort" déjà le titre évoque la confrontation de deux forces opposées : la vie et l'amour, face à la mort, Eros et Thanatos dirons les spécialistes. De la même manière, ce projet part de la confrontation de deux mondes apparemment opposés : l'orchestre de mlle Durin et la musique de Schubert. L'orchestre de mlle Durin cultivais déjà ce goût de la confrontation de par l'instrumentation, entre le souffle des saxophones et la percussion de la batterie, et par la présence de mlle Durin sur scène aux côtés de son orchestre, le luthier qui répare et règle les instruments confronté aux musiciens qui les usent, les jouent, et leur donnent vie…

Le quatuor D 810 de Schubert : "La jeune fille et la mort" est une de ces oeuvres de l'histoire de la musique, comme le Sacre de Printemps, que l'on adore sans avoir besoin de dire pourquoi.

L'Orchestre de mlle Durin mariera son univers esthétique, sa sonorité, sa danse, et sa manière d'improviser, d'interpréter à la richesse de cette oeuvre, convaincu que c'est par la réappropriation qu'il fera vivre cette pièce. De la confrontation à la fusion il n'y a qu'un pas.

Le concert :
Sur la scène : quatre saxophonistes et un batteur, huit saxophones, une batterie et toute sorte d'objets sonores ; dans le même espace : une réparatrice de saxophones son établi, ses outils, ses tubes et ses tuyaux.

L'image proposée par l'atelier de réparation, à la fois technique et esthétique, n'illustre pas la musique, elle lui donne un contrepoint qui permet à chacun de s'inventer des images. De même, la musique de l'orchestre n'accompagne pas cette image, elle est narrative et théâtrale, l'image est musicale.

Tous, chacun à sa façon, donnent un concert qui ouvre une porte vers les coulisses de la musique, celles où les instruments se déshabillent, se changent, se refont une beauté, sans pudeur, ni bienveillance.

Au final on ne sait plus très bien qui des instrumentistes ou du luthier est en concert et qui est à l'atelier. Qui tord le plus les tuyaux, qui les martèle le plus, qui les fait vraiment sonner. Qui est l'artisan, qui le poète ? Qui est la jeune fille ? Où est la mort ?

Les besoins du projet :

Pour effectuer ce travail, l'orchestre de mlle Durin va s'enfermer pendant trois périodes de cinq ou six jours. Le travail tournera autour de trois axes traités simultanément. D'une part écouter, lire et écrire la partition de Schubert, s'imprégner de cette matière pour y trouver toute la richesse et la liberté d'en faire autre chose. D'autre part jouer, rejouer, faire et défaire, garder, gommer, réécrire et rejouer. Enfin l'aspect scénique, travailler le rapport entre l'orchestre, mlle Durin, la jeune fille, la mort...

Le château, de Mauvaisin est un lieu idéal de par sa situation géographique, sa tranquillité, l'espace temps de son passé présent donne tan de poid à ces murs, pour cette introspection. L'histoire imprégnée dans les murs de cette demeure nous plongera facilement dans l'univers romantique de ce début de XIX ème   siècle du quatuor D 810 de Schubert. 

Planning des résidences :
- Un repérage des lieux du 3 au 6 septembre.
- Un premier concert a eu   lieu à Mauvaisin le 30 septembre.
- Premiers déchiffrages et premières confrontations : du 15 au 17 mai et du 22 au 24 mai 2008
- Répétitions : du 3 au 7 juin 2008
- Répétitions : du 14 au 16 juin et du 21 au 23 juin 2008
- Soit un travail collectif de 17 jours et un total de 119 jours de travail.

Ce projet sera présenté, joué les 24 et 25 janvier 2008 à l'Espace Croix Baragnon, à Toulouse. Un concert est prévu en juillet en fin de résidence au à Mauvaisin…

L'archivage de la création
Afin de garder une trace et par devoir de mémoire pour la communauté de commune de Nailloux et des artistes, un enregistrement sur support numérique audio et vidéo sera réalisé lors des performances données dans les divers lieux de concert.
Ces enregistrements seront alors disponibles pour des utilisations pédagogiques locales et régionale.

Présentation du groupe :
Créé en 2005, l'Orchestre de Mlle Durin travaille sur les jeux que peuvent entretenir l'improvisation et l'écriture. Il défend une musique engagée dans ses diversités : tant la mélodie et l'harmonie que le bruit brut, le son au sens le plus général.

Bref, de la musique, sans oublier tout ce qu'elle a de théâtrale.
- La musique de l'orchestre évoque des histoires, des images. Elle vous prend par la main ou par les oreilles et vous emmène librement et sans politesse des univers les plus sombres aux plus drôles. Du lyrisme au son brut. Il y a du rock, de la musique de chambre, du jazz ; du lourd, du grave ; du léger, du joyeux ; du jaune, du rouge, du bleu, et pourquoi pas rendre ludique la gravité et redonner ses lettres de noblesse au mot "rigolo".
- L'orchestre de mlle Durin a joué à Jazz à Luz, au Mandala, à la Loupiote, au théâtre du Pavé, à Aspet dans le cadre des Pronomades, à Jazz sur son 31 et au Collectif HDFS...

Alex Piques : batterie
Marc Maffiolo  : saxophones basse et ténor
Yanik Puybaret  : saxophones alto et baryton
Emmanuel Pelletier  : saxophones ténor et soprano
Camille Secheppet  : saxophones alto et C melody
Laure Lebrun  : réparation de saxophones
Didier Pons  : mise en scène
Camille Secheppet : (saxophone alto et C melody)